Le Minervois
 
 
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Le Minervois- son histoire durant la période médiévale- 3ème partie

Sous les Capétiens, des liens personnels se sont noués entre les seigneurs féodaux au détriment des lieux purement administratifs. Minerve et le Minervois échurent au vicomte d’abord de Narbonne puis de Béziers. Le vicomte de Béziers reçut la terre au nom du comte de Toulouse, celui qui avait rendu hommage au Roi de France.

Cependant, la distance depuis Paris signifiait que les comtes de Toulouse n’étaient pas de manière effective sous le contrôle des rois de France. Et une fois, le vicomte de Béziers et Carcassonne, Raymond Trencavel, retourna sa veste et rendit hommage au roi d’Aragon plutôt qu’au comte de Toulouse. Le système féodal était bâti sur une structure hiérarchique de maîtres et serviteurs. Tout seigneur féodal donné était toujours sujet au contrôle d’un maître plus puissant.

Le premier vicomte de Minerve connu fut Raynald, qui en 1002 était un sujet de Roger 1er de Carcassonne. La succession de seigneurs féodaux à Minerve n’est pas facile à établir et est compliquée par l’existence en même temps de co-seigneurs possédant conjointement un territoire. Des complications ultérieures suivirent avec les mariages. Sous le vicomte apparurent les petits « seigneurs »n et « châtelains », qui possédaient de petites parcelles de terre sur lesquelles des châteaux furent bâtis en signe de pouvoir : Peyriac en 1070, le Livinière en 1074, Laure en 1176, Pépieux en 1176, Citou en 1183. En parallèle aux terres féodalement attribuées, il y avait également les possessions de l’Eglise souvent attribuées bien auparavant, comme par exemple à Caunes.

Le système féodal devint instable de même que les différents acteurs en course pour le pouvoir. L’incertitude et l’état quasi permanent d’agitation conduisirent à un état de quasi anarchie fréquemment dispersé en groupes armés. L’unique force d’unification existante à ce moment-là n’était pas le roi de France mais l’Eglise, qui essaya d’intervenir à plusieurs reprises par une conciliation locale pour limiter l’extension d’une guerre : concile de Narbonne (1054), Béziers (1170), Montpellier (1195), Saint Gilles (1109) .Pour contrer ces évènements en toile de fons, le Minervois, un petit et insignifiant élément dans le système féodal, vint à représenter une grande influence politique : d’abord au XIIème siècle, dans les cadre des relations internationales, puis plus tard au XIIIème siècle, dans le contexte de l’unification de la France.

Les bénéficiaires principaux dans le Sud furent le comte de Toulouse et le roi d’Aragon. Barcelone devint une province française après que Charlemagne a repoussé les Arabes hors de la Gothie. Mais Barcelone fut même plus tard encore moins sous le contrôle effectif du roi de France que ne le fut le Minervois. Les comtes de Barcelone se réjouirent de leur indépendance dans leur propre territoire au nord des Pyrénées. Par une succession de mariages soigneusement planifiés, ils étendirent leur influence à partir du Xème siècle dans le Carcassès et Razès, par le Limousin jusqu’à la Provence toute entière au XII ème siècle. Au milieur du XIIème siècle, Raymond Trencavel de Béziers et Carcassonne prêta allégeance depuis Toulouse jusqu’à Barcelone. Un groupe armé réduisit à néant ce qui persistait depuis environ cinquante ans et prit une importance internationale qui fit que tous les meneurs européens prirent part d’un côté ou de l’autre. Bien que chaque partie avait beaucoup plus en commun que les étrangers y compris leur langage, ils formèrent finalement des rangs fermés seulement quand ils furent menacés par les croisades albigeoises.

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